Colloque : « La rencontre clinique au prisme de la psychanalyse ». Dispositifs et outils thérapeutiques pour la souffrance aujourd’hui

vendredi 9 octobre 2026 – samedi 10 octobre 2026

Faculté de psychologie, université de Strasbourg, 12, rue Goethe, 67000 Strasbourg

Programme, informations : https://sulisom-colloques.fr/

inscriptions :https://sulisom-colloques.fr/inscription-au-colloque/

On assiste aujourd’hui à une remise en question des spécificités voire de la pertinence du référentiel psychanalytique en psychologie clinique, et à une dilution corrélative de la notion de clinique elle-même. La diversification de ce qui est devenu un marché des psychothérapies impose de se recentrer sur la rencontre clinique et de penser comment le paradigme psychanalytique en psychologie permet de l’appréhender et de la travailler.

On assiste aujourd’hui à une remise en question des spécificités voire de la pertinence du référentiel psychanalytique en psychologie clinique, et à une dilution corrélative de la notion de clinique elle-même. La diversification de ce qui est devenu un marché des psychothérapies impose de se recentrer sur la rencontre clinique et de penser comment le paradigme psychanalytique en psychologie permet de l’appréhender et de la travailler.

La spécificité de ce paradigme tient à ce qu’il continue encore aujourd’hui à soutenir le caractère asymétrique de l’échange déployé dans la rencontre – asymétrie qui conditionne le déploiement du transfert et des formations de l’inconscient qui l’accompagnent. Car ce dont il s’agit au fond pour le sujet, à l’occasion de la rencontre avec un thérapeute toujours singulier, c’est de venir à la rencontre de son propre inconscient, lieu par excellence de l’altérité – comme dans l’amour, qu’André Breton définissait comme « rencontre avec quelqu’un qui nous donne des nouvelles de nous-même ».

Une série de questions ouvertes s’ensuivent. Que peut signifier une rencontre thérapeutique référée à la psychanalyse aujourd’hui – notamment à une époque où se multiplient les références au paradigme dit “intégratif” souvent présenté comme une boîte à outils adaptée à la singularité du patient ? Comment la diversité des configurations subjectives mais aussi sociales et culturelles exigent-elles de penser les conditions de possibilité d’une rencontre, du côté des dispositifs et médiations thérapeutiques mais aussi des métacadres dans lesquels ceux-ci s’insèrent ? De quelle manière les savoirs ou discours additionnels engagés dans une rencontre peuvent-ils être mis en perspective ou subvertis pour maintenir sa possibilité ? On peut penser aux contextes cliniques où une éventuelle participation organique (démence, etc.), ou bien des difficultés à mobiliser les moyens de communication usuels, doivent être prises en compte sans obérer l’échange interpsychique qui conditionne tout effet thérapeutique. Ou à la virtualisation de l’interlocuteur, depuis l’explosion de l’utilisation de l’IA par les patients jusqu’à la tentation du remplacement total des thérapeutes par des chatbots.

vendredi 26 juin 2026samedi 27 juin 2026

Plénières et tables rondes : Palais Universitaire / Salle Louis Pasteur

Les sessions de communications orales auront lieu au Pavillon Théodule Ribot à la faculté de psychologie, 12 rue Gothe 67000 Strasbourg

colloque organisé par : Marie-Frédérique Bacqué, Université de Strasbourg

en partenariat avec Le CIEM, Coimbra University, Université Paris 8 et Université Lyon3, soutenu par EPICUR European University (Southern Danemark University & Freiburg University)

Colloque financé par l’Idex IdEx 2026 Congrès et symposiums internationaux, par l’Idex AAP Relations société, et par l’idex Cluster IA Grand Est ENACT, SuLiSoM UR3071, Faculté de psychologie de l’Université de Strasbourg, Université Lyon 3, Université Paris 8.

Inscriptions, programme sur : https://sulisom-colloques.fr/

Trop nombreux dans les cimetières, parfois polluants, souvent trop chers, les défunts qui augmentent avec la population planétaire, ne pourront bientôt plus être traités sur et sous Terre. Les démographes, entreprises funéraires, associations d’endeuillés, soutiens militants de la crémation comme de l’humusation montrent la complexité de cette cruelle réalité.

La question éthique et psychologique du devenir des morts réside dans la disparition définitive des corps, sans restes. Or, l’absence des corps risque de se traduire par une inflation de moyens pour les faire « réapparaître ».

Avec la reconstitution des voix et les hologrammes animés, l’absence du proche, condition sine qua non du deuil ne sera plus réalisée. Quelles seront alors les archéologies du futur sans accès aux restes matériels des morts ?

La mort a sculpté les paysages humanisés : pyramides, temples, arcs de triomphe, ou tout simplement grottes décorées ; la mort n’a été acceptée qu’à condition de laisser des traces pour marquer les décors naturels pérennes. La mort humaine a sculpté la planète. Les cimetières collectifs éduquent les citoyens, les mausolées privés forment les bases des civilisations. La culture peut-elle se maintenir sans la mort et les morts ?

Un débat confronte les convictions matérialistes aux attentes purement spirituelles. La décomposition du cadavre est une transition difficile, aussi le corps embaumé et le squelette sont préférés comme supports de la mémoire. Le choix du virtuel pourrait cependant s’imposer et donner lieu à de nouvelles formes du souvenir. La rationalité conduira- t-elle à l’abandon de nos restes mortels pour des substituts factices ? Les bipèdes nomades appelés sapiens vont-ils quitter leur planète munis d’une clé USB transportant leurs ancêtres ?

Les interventions de ce colloque du CIERA co-organisé avec SuLiSoM peuvent être visionnées avec ce lien:
Vous pourrez y voir notamment les interventions de nos doctorantes :

Mertz, J. (2021). L’accompagnement du mourir dans le cadre d’une Sédation Profonde et Continue Maintenue jusqu’au Décès (SPCMD). Journée d’étude du CIERA autour de la mort : Fin de vie – Deuil – Expériences de mort imminente, Nancy, 20 mai.

Mutis, M. (2021). Quelle place pour la lucidité terminale dans la prise en charge de la fin de vie ? Journée d’étude du CIERA autour de la mort : Fin de vie – Deuil – Expériences de mort imminente, Nancy, 20 mai.

Pollet, S. (2021). La situation du suicide assisté en Suisse : A quelles questions la psychologie d’orientation analytique peut-elle répondre ? Journée d’étude du CIERA autour de la mort : Fin de vie – Deuil – Expériences de mort imminente, Nancy, 20 mai.

Marie-Frédérique BACQUÉ anime la table-ronde finale avec Sylvie Cafardy, médecin gériatre et François Lallier, médecin généraliste, tous deux ont écrit un ouvrage sur les EMI.

Yasmine Chemrouk (doctorante SuliSoM) et Maryne Mutis (doctorante Interpsy-SuLiSoM) ont participé à l’organisation de cette journée.

Comité d’organisation : Miriam Gablier, Maryne Mutis, Yasmine Chemrouk, Renaud Evrard et Michael Nahm.