Séminaire de recherche – 2025 – 2026 SULISOM : « La rencontre clinique au prisme de la psychologie clinique de référence psychanalytique”

Organisation et modération :
Olivier Putois, Professeur de Psychopathologie, Directeur du SuLiSoM

  • 2ème séance : le jeudi 12 février 2026, 18h15 : 
    « La rencontre clinique à l’ère de l’IA : de la simulation à la médiation », elle accueillera une présentation en distanciel par Olivier Duris, psychologue clinicien et docteur en psychopathologie clinique (dir. S. Tisseron), (abstract prochainement)

Lieu : Exceptionnellement, elle sera uniquement en distanciel pour tout le monde – c’est-à-dire qu’il n’y aura pas d’amphi à la fac pour accueillir les présents.  Pour recevoir un lien de connexion merci de faire un mail à  olivier.putois.pro@gmail.com

Anne Thevenot et Jonathan Nicolas accueillent :

Date : Jeudi 19 février 2026, à 18h30

Lieu : Amphi VIAUD, faculté de psychologie, 12, rue Goethe – 67000 Strasbourg

Laurie Laufer pour l’ouvrage :

  • Les héroïnes de la modernité. Mauvaises filles et psychanalyse matérialiste. (La découverte, 2025)

La médecine, la psychiatrie et la psychanalyse ont, depuis le XIXe siècle, produit nombre de discours savants sur les paroles, les corps, les sexualités et les comportements des femmes. Diagnostics, médicalisation, pathologisation ont servi à les assigner à des rôles genrés et à maintenir les hiérarchies et les normes sociales. Pour ces  » experts « , les lesbiennes sont malades, les prostituées sont folles, celles qui refusent d’être mères sont anormales, les femmes qui avortent sont amorales, les jeunes filles libres sont déséquilibrées. Elles sont toutes hystériques, mélancoliques, psychotiques, perverses.
Mais que font ces  » mauvaises filles  » de ce que l’on a fait d’elles, de ce que l’on a dit d’elles ? Elles racontent des histoires différentes. Elles écrivent et parlent de leur liberté. Elles arrachent les camisoles et, ensemble, se soulèvent. Les Madeleine Pelletier, Natalie Clifford Barney, Virginia Woolf, Monique Wittig, Wendy Delorme et toutes celles que nous rencontrons dans ce livre se sont frayé un chemin en dépit des résistances et du mépris. Refusant d’être objets de discours, elles ont pris des voies tortueuses, détournées, jusqu’à risquer leur vie pour déployer une liberté érotique, poétique et politique.
Comment l’inventivité de ces héroïnes de la modernité peut-elle inspirer la psychanalyse ? Il s’agit, dans ce livre, de penser une psychanalyse qui entende enfin les conditions de vie des  » mauvaises filles  » et prenne en compte les dispositifs sociaux qui les oppressent. Car l’inventivité de ces héroïnes de la modernité pourrait bien inspirer la psychanalyse et l’aider à redevenir, enfin, une pratique de la liberté.

Laurie Laufer exerce la psychanalyse à Paris. Elle est directrice de l’UFR IHSS (Institut des humanités, sciences et sociétés) de l’université Paris Cité.

“La rencontre clinique au prisme de la psychologie clinique de référence psychanalytique”

Organisation et modération :
Olivier Putois, Professeur de Psychopathologie, Directeur du SuLiSoM

Faculté de Psychologie, Université de Strasbourg, 12, rue Goethe 67000 Strasbourg
Le jeudi à 18h15

 

1ère séance : le 11 décembre 18h15, amphi Lagache :
“La rencontre clinique en contexte interculturel”, avec Bertrand Piret, Psychiatre-Psychanalyste (Strasbourg). Téléchargez l’abstract

Dans la foulée du colloque d’octobre 2024 sur Les transferts (dont une partie des actes paraîtra en janvier 2026), notre séminaire de 2024-2025 a examiné les aménagements du cadre habituel du psychologue qui semblent requises pour accueillir ce qui fait l’inédit du malaise contemporain.
Cette année 2026, devant les remises en question actuelles des spécificités de l’approche analytique de la clinique, et face à la dilution de la notion de clinique, nous nous centrerons sur la rencontre clinique. La diversification de ce qui est devenu un marché des psychothérapies et d’autres interventions visant le psychisme impose en effet de penser comment le paradigme psychanalytique en psychologie permet d’appréhender et de travailler (dans) la rencontre clinique.
La spécificité de ce paradigme tient à ce qu’il continue encore aujourd’hui à soutenir le caractère asymétrique de l’échange déployé dans la rencontre. Asymétrique, car ce dont il s’agit au fond, pour le sujet, c’est de pouvoir venir à la rencontre de son propre inconscient, lieu par excellence de l’altérité – comme dans l’amour, qu’André Breton définissait comme « rencontre avec quelqu’un qui nous donne des nouvelles de nous-même ».
Ce prisme conduira à explorer des types spécifiques de rencontre dont les paramètres interrogent plus spécifiquement la possibilité de faire venir au jour, pour le sujet et à la mesure de ses moyens, son inconscient. On interrogera ainsi la rencontre clinique en contexte interculturel, ou le rôle des médiations – notamment numériques -, ou encore le positionnement du psychologue face à l’envahissement par l’IA (“ChatGPT a interprété mon rêve comme ça…”).

Téléchargez l’argument

Quelles logiques historiques et psychologiques, quels concepts ?

organisé par : Patricia Cotti, Université de Strasbourg,  Thierry Lamote, Université de Lorraine

Colloque financé par l’Idex Exploratoire : IXTTREMM, Université de Strasbourg, et le Pôle CLCS de l’Université de Lorraine

vendredi 10 octobre 2025 – samedi 11 octobre 2025

Lieu : Amphi VIAUD

Inscriptions, programme sur : https://sulisom-colloques.fr/

Terrorismes, totalitarismes et crimes de masse, suscitent depuis plus d’un demi-siècle nombre de débats concernant les dynamiques sociales et psychologiques des groupes et des individus qui y sont impliqués.

La banalité du mal, la figure de l’homme ordinaire et la question de la soumission à l’autorité suffiraient-ils pour expliquer la marche vers la dictature, le crime de masse ou le terrorisme ? Aujourd’hui les chercheurs ont exhumé des archives des personnalités doctrinaires et psychopathiques, des méthodes de gouvernement pouvant susciter l’endoctrinement, l’embrigadement des masses, tandis que des études de cas ( en histoire ou en psychologie) soulignent depuis longtemps déjà les fonctionnements pathologiques de certains criminels de guerre, de leaders de régimes totalitaires et de certains terroristes.

Comment penser ensemble ces différentes dimensions : autorité et système totalitaire, idéologie et fonctionnement psychopathologie, normalité et exactions, coercition du système et liberté de l’individu ?

Nous maintenons, pour ce colloque, notre objectif de produire des hypothèses sur les concepts et les modèles qui peuvent servir à une meilleure compréhension de ces dynamiques mortifères.

Anne Thevenot et Jonathan Nicolas accueillent :

Date :Jeudi 09 octobre 2025 à 18h30
Lieu : Amphi VIAUD, faculté de psychologie, 12, rue Goethe – 67000 Strasbourg

Guy Briole,  pour l’ouvrage :

  • Monologue partagé avec la folie (L’Harmattan, 2024)

Comment parler de la folie, ce terme aux contours parfois énigmatiques ? Cet ouvrage se propose d’en explorer les multiples facettes et expressions dans des contextes très divers. Dès lors qu’on l’associe à la psychanalyse et au lien transférentiel, ce mot, folie, prend un sens tout à fait singulier qui met au travail le psychanalyste et ceux qui s’adressent à lui quand il leur arrive de perdre la raison.
Chaque chapitre offre une perspective nouvelle par des récits vivants et des réflexions qui illustrent la variété en même temps que l’unicité de chacun d’entre eux.
C’est l’enseignement de Lacan qui marque l’orientation de la pratique – aussi bien privée qu’institutionnelle – avec ces sujets, remettant en question les idées préconçues et ouvrant des voies vers une approche plus profonde et plus nuancée.
Avec la folie se pose la question de la liberté. Le fou serait l’homme libre et pourtant il se doit bien de constater que la réalité n’est pas conforme à cet idéal. Il peut s’y résigner ou, comme tout un chacun, s’adresser à un analyste. C’est aussi de ce choix éthique que parle ce livre.

Cliniques actuelles, symptômes inédits, interventions nouvelles

organisé par Olivier Putois (MCU-HDR, SuLiSoM) et directeur de SuLiSoM

à 18h15 à l’amphi Viaud de la Faculté de Psychologie, 12 rue Goethe, 67000 Strasbourg

  • 10 avril 2025, Aubeline Vinay, PR à l’Université d’Angers, Psychologue clinicienne : « Un dispositif thérapeutique de groupe à destination de mineurs isolés. Récit de la construction et du déploiement d’un projet expérimental »
Aubeline VINAY est Professeure de Psychologie clinique du lien social  et directrice de l’UR CLiPsy, de l’Université d’Angers
Pas de diffusion à distance, séances enregistrées et mises sur le site du laboratoire en fin d’année

Anne Thevenot présente :

Date : Jeudi 20 mars 2025, à 18h30

Lieu: Amphi Viaud, Faculté de psychologie, 12, rue Goethe, Université de Strasbourg

Thierry Goguel d’Allondans & Jonathan Nicolas  pour le livre :

« Refaire famille. Pour en finir avec les stéréotypes de genre »,  (Chronique Social, 2024)

Cliniques actuelles, symptômes inédits, interventions nouvelles

organisé par Olivier Putois (MCU-HDR, SuLiSoM) et directeur de SuLiSoM

Sauf précision expresse, le séminaire a lieu les jeudis à 18h15 à l’amphi Viaud de la Faculté de Psychologie, 12 rue Goethe, 67000 Strasbourg.
Pas de diffusion à distance, séances enregistrées et mises sur le site du laboratoire en fin d’année
Prochaine séance  :

  • 27 mars 2025 – Derek Humphreys, PR à l’Université de Paris, psychologue clinicien, psychanalyste : “sur La co-errance des dispositifs cliniques de l’exclusion inspirés de la tentative de Fernand Deligny”

Argument :

Les personnes contraintes de trouver un moyen de survivre dans la rue sont exposées à une double souffrance psychique : le sentiment d’exclusion et l’expérience de l’anéantissement face à leur apparente invisibilité. Attentifs au risque qu’implique la chute dans la déliaison pulsionnelle et à l’importance de la reconnaissance par un autre, les cliniciens qui tentent d’entrer en contact avec ces personnes sont confrontés non seulement à une atypicité de la situation (rencontres non programmées, dans la rue, sans intimité, sans demande et dans l’impossibilité de savoir si elles vont se répéter) mais aussi à une extrême variabilité de contextes psychopathologiques qui nécessite une attention particulière à la métapsychologie du lien et du lieu. C’est ainsi que l’on voit se développer dans ce domaine clinique des dispositifs extrêmement inventifs, qui nécessitent cependant une attention rigoureuse à l’épistémologie qui permet cette liberté de création. La tentative de Deligny, qui a développé une épistémologie spécifique dans son expérience avec les enfants autistes et les jeunes délinquants, a inspiré les dispositifs conçus par un groupe de cliniciens et de chercheurs qui réfléchissent ensemble depuis plus de 6 ans sur ce type de situation. Cette rencontre sera l’occasion de discuter de ces aspects métapsychologiques et épistémologiques et de l’importance de la référence à la psychanalyse dans la conception de ces dispositifs dans la pratique contemporaine.

Derek HUMPHREYS est Psychanalyste, Médecin, Professeur des Universités, Responsable du Master Psychopathologie clinique psychanalytique, parcours clinique et psychopathologie du lien social, Directeur du Centre d’études du vivant, CRPMS et département d’études psychanalytiques, Université Paris Cité

Séminaire de recherche

 

Anne Thevenot et Jonathan Nicolas présentent :

Date : Jeudi 13 mars 2025, à 18h30

Lieu: Amphi Viaud, Faculté de psychologie, 12, rue Goethe, Université de Strasbourg

Adrien Cascarino, pour son livre :

« Scarifications. L’adolescent, les parents et les soignants face à l’insupportable (Erès, 2024) »

Sur le vide et les prothèses psychiques dans le malaise contemporain

Jeudi 30 janvier 2025 à 18h15 – amphi Viaud – Faculté de Psychologie

Frédéric Tordo est Psychologue clinicien, docteur en psychologie clinique, fondateur et responsable du DU de Cyberpsychologie Clinique et Psychopathologie Contemporaine (Paris-Cité), chercheur associé au CRPMS (Paris-Cité).
Les sujets contemporains sont confrontés à des formes inédites de souffrance psychique, marquées notamment par la néantisation et un profond sentiment de vide intérieur. Ces états traduisent notamment une déliaison entre le sujet et son double interne, souvent exacerbée par des carences primaires, qui se manifestent sous forme de traumas négatifs, ou par la pression culturelle et technologique de l’hypermodernité. Ces configurations subjectives, caractérisées par une dissociation et une difficulté à accéder à une position réflexive, se traduisent aussi par des troubles identitaires et des angoisses de désubjectivation. Pour pallier ces fragilités narcissiques, les individus élaborent des “prothèses psychiques” qui agissent comme des béquilles identitaires et réflexives. Ces prothèses prennent des formes variées : relations interpersonnelles idéalisées, avatars et identités numériques, Intelligence Artificielle ou encore recours à la culture populaire pour créer des « doubles imaginaires ». Bien que temporaires, ces solutions permettent de recréer artificiellement une continuité psychique en offrant des miroirs externes lorsque les processus internes font défaut. Cependant, elles comportent un paradoxe : si elles apportent un soutien ponctuel contre le vide, elles risquent aussi de renforcer la dissociation et d’accentuer l’effacement du sujet. Dans l’espace thérapeutique, ces problématiques génèrent des transferts singuliers. Les patients projettent par exemple leur vide intérieur sur le clinicien, suscitant des affects de néantisation ou de lassitude dans le contre-transfert. Le rôle du psychologue clinicien est alors d’incarner un “double réflexif” temporaire, capable de contenir et de transformer ces expériences irreprésentables. Lors du séminaire, les perspectives thérapeutiques seront développées, en insistant sur l’importance de tolérer et d’élaborer ces vécus dans la relation transférentielle. Ces approches visent à accompagner les patients vers une réarticulation de leur identité et une restauration progressive des capacités réflexives.

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